Mais c’est quoi au juste la génération Y ? Il s’agit d ’un terme sociologique utilisé essentiellement dans le monde de l’entreprise, et en particulier par les DRH, pour désigner les personnes nées entre 1980 et 1999 (elle succède à la génération X : 1960 à 1979). La génération Y qui se prononce « Why » en anglais (en référence aux nombreuses questions qu’elle pose) serait le nouveau cauchemar des entreprises.
Car cette catégorie de jeunes salariés n’hésite pas à bousculer l’ordre établi et les codes vieillissants du monde du travail dans les pays occidentaux. Âgés de 18 à 30 ans, ces jeunes mutants ne lâchent rien… Individualistes, peu attachés à l’entreprise, ils viennent au travail en jean-baskets (ils n’ont pas de costume de toute façon), imposent de nouveaux horaires, surfent toute la journée sur les réseaux sociaux le casque vissé sur la tête tout en… travaillant.
Bref, c’est un peu la révolution au bureau, mais est-ce si étonnant ?

 

La grande fracture numérique

Contrairement à la génération X dont même les représentants les plus rebelles finissaient, bon gré mal gré, par rentrer dans le moule, la génération Y ne se laisse pas faire… Et pour cause, ils baignent dans la crise économique depuis leur adolescence et ne croient plus au système actuel. Pour ces férus de high-tech qui connaissent et maîtrisent Internet mieux que personne, il n’y a que le résultat qui compte. Un point de vue que partagent évidemment de nombreuses entreprises qui commencent à se remettre en question.
Car au-delà des clichés, la plupart des jeunes cadres d’aujourd’hui sont force de proposition et peuvent se montrer particulièrement efficaces et réactifs. Très autonomes, ils ont appris avec Internet (on y revient), à s’informer, apprendre, et communiquer pour mener à bien leurs missions. Certains prétendent que la génération Y est un mythe, qu’elle n’existe que dans la tête des DRH.
C’est peut-être qu’elle a déjà réussi à faire tomber de nombreuses barrières au point de décomplexer la génération X qui commence à adopter les mêmes codes et les mêmes valeurs… jusqu’au plus haut niveau des sociétés.

 

Génération Boss Y

Bien qu’issus de la génération X, les patrons d’entreprises françaises et américaines tels que Xavier Niel (Free), Jacques-Antoine Granjon (Vente Privées), Larry Page et Sergey Brin (Google), ou encore le regretté Steve Jobs (Apple) ne sont-ils pas les plus fidèles représentants de la génération Y ? Il ont troqué depuis longtemps le costard-cravate pour le jean-baskets, fait tomber à peu près toutes les règles ancestrales du travail, privilégié la créativité et l’autonomie de leurs employés et pour quels résultats !
Gageons que de plus en plus d’entreprises et de managers suivent leur exemple et parviennent, comme eux, à profiter du formidable potentiel des jeunes salariés

 

Vers un observatoire national d'entrée dans la vie active ?

formation jeunes diplomes
 
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Focus Palmarès d’universités, classements, réalisés par la presse, les institutions ou les établissements eux-mêmes. Chacun sa mesure, chacun ses résultats avantageux. C’est à s’y perdre et n’y rien comprendre. Le Céreq en appelle donc à la création d’un observatoire national d’entrée dans la vie active.

Il y a les palmarès très réputés, comme ceux du Financial Times, attendus chaque année comme le messie. Il y a aussi le classement de Shanghai, pris comme parole d’évangile. Ou encore les chiffres d’insertion annoncés chaque année par les écoles d’ingénieurs ou de commerce. Pour en rajouter, les universités sont entrées de manière systématique dans la danse. Depuis la loi LRU, l’insertion professionnelle est inscrite dans leurs missions et l’Etat les oblige à fournir des chiffres.

Des chiffres, il n’y a pas plus fiables et concrets, pour d’une part aider le futur étudiant à choisir son établissement et sa filière, et d’autre part, pour mesurer la performance des différents acteurs. Enfin, en théorie, car, en réalité, il n’y a pas plus trompeur qu’un chiffre, surtout quand il s’inscrit dans une guerre à l’image que se livre les établissements du supérieur pour attirer les étudiants et des fonds. Chacun s’arrange avec les indicateurs pour obtenir de bons résultats, comme le souligne le Bref du Céreq, « Harmoniser les mesures de l’insertion des diplômés du supérieur ».

Des chiffres pas comparables

A l’université, l’insertion professionnelle de ses diplômés est mesurée, dans les rapports annuels de performance associés aux lois de finance, par la proportion de diplômés en emploi à un niveau cadre ou profession intermédiaire 3 ans après leur sortie du système éducatif. Sont donc exclus les emplois considérés comme inadéquats pour un titulaire d’une licence ou plus. De son côté, le ministère de l’Industrie qui évalue l’insertion sur le marché du travail des ingénieurs, ne s’embarrasse pas avec ce critère. Il tient compte de tous les emplois. Les populations étudiées varient également. Certains établissement se penchent sur le devenir de tous les diplômés qu’ils poursuivent ou pas leurs études, et qu’ils soient d’origine étrangère ou pas, d’autres non. Il y a le temps également qui joue. Les écoles d’ingénieurs et d’écoles de commerce interrogent leurs jeunes diplômés dans les mois qui suivent leurs premiers pas dans la vie active, alors que les universités se donnent en général un délai de 3 ans. Résultat : les chiffres amenés à être comparés ne sont en réalité pas comparable.

Un observatoire national d’entrée dans la vie active

C’est pour cette raison que le Céreq en appelle à créer une institution neutre, chargée de collecter les données et d’offrir un vrai panorama des performances des établissements. Il propose la création d’un observatoire national de l’entrée dans la vie active. Mais pas n’importe comment, un certain nombre de règle de bons sens sont à respecter pour une bonne évaluation. Règle n°1 : une approche multidimensionnelle. « Un seul indicateur, comme le taux d’emploi ou le niveau de salaire, ne suffit pas à rendre compte de l’ensemble des composantes de l’insertion professionnelle », pointe la note. Un jeune diplômé peut être en poste, mais en CDD, à mi-temps, pour un bas salaire. « Par exemple, les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur passent plus souvent que les diplômés des écoles de commerce ou d’ingénieurs par des emplois d’attente », ajoute le Céreq. Ainsi il faut pouvoir mesurer la vitesse d’accès à l’emploi, le risque de connaître des difficultés d’insertion durables, les types d’emploi possibles, la rémunération et aussi les conditions d’emplois.

Autre fait important : les indicateurs doivent pouvoir être compris. Le taux de chômage est souvent confondu avec la proportion de jeunes au chômage. « Or il ne se rapporte pas à l’ensemble des jeunes considérés mais aux seuls actifs » rectifie l’étude. Il faut donc privilégier le taux d’emploi qui est plus aisément interprété.

Ensuite, pour juger la performance d’un établissement, l’insertion professionnelle ne suffit pas. Il faut pouvoir évaluer « sa capacité à mener un maximum de ses étudiants au diplôme, surtout quand ceux-ci ont des origines sociales modestes ou des parcours scolaires chaotiques » souligne l’étude . Une bonne évaluation est à ce prix.

 

Lucile Chevalier