Mercredi 28 décembre 2011
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Tel est l’un des objectifs que se sont fixés ces établissements, appelés d’ailleurs par le gouvernement à accueillir
30% de boursiers d’ici à 2012. « Nous sommes aujourd’hui autour de 25%, contre 19 % il y a cinq ans », note Florence Darmon, en charge de l’ouverture sociale à la CGE (Conférence des
grandes écoles). Depuis 2006, un groupe dédié à cette problématique se réunit trois fois par an pour faire le bilan des actions de ses membres et échanger les bonnes pratiques. « Il n’y a
pas de recettes miracles ! », ajoute la responsable, qui multiplie les pistes : des programmes de sensibilisation ont été menés dans les lycées en zones
défavorisées.
Ils se calquent sur le modèle de « Une grand école, pourquoi pas moi ? » lancé par l’Essec, où des
étudiants accompagnent les candidats souhaitant intégrer les grandes écoles. Une fois ces candidats admis, d’autres actions prennent le relais : « Cette année, nous avons suivi 26
élèves pour les aider à préparer les concours », souligne Christine Di Domenico, responsable de cette initiative à l’EM Lyon. Des cours supplémentaires, notamment en langues ou en maths,
leur sont ainsi proposés, ainsi qu’une préparation renforcée aux oraux. »
Emboîtant le pas à Sciences Po, certaines écoles post-bac, dont les INSA, commencent à réserver des places aux
élèves de milieux défavorisés. « Il ne faut toutefois pas se voiler la face : pour aller plus loin, il nous faudrait davantage de moyens », mentionne Florence Darmon, citant les
sommes mobilisées par les écoles pour soutenir ces opérations. 40 % y consacrent en effet entre 100 000 et 500 000 € par an. Faute de subventions publiques supplémentaires, il faut que les
entreprises s’engagent dans ce processus. » Une façon pour elles d’accroître la diversité dans leurs rangs.
Laurence Estival - Les carnets RH - l'Express.
Votre enfant est il surdoué ?
Par
damien Mascret - le 07/11/2011- Le
Figaro.
Un enfant sur quarante est surdoué, mais un tiers d'entre eux est en échec
scolaire.
«Tu vois, c'est Dieu qui a créé la Terre, les montagnes, l'eau… Heureusement, sinon on serait dans le vide !» Cette réflexion faite par Sophie, 7 ans, à sa petite
sœur traduit bien l'originalité de la pensée des enfants surdoués. Sophie a un quotient intellectuel (QI) de 152. On parle de surdoués à partir de 130 (voir encadré). «Ce sont des enfants dont
l'intelligence n'est pas seulement différente en termes de QI, mais aussi en termes d'organisation et d'émotions», explique Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne et auteur de L'Enfant
surdoué. L'aider à grandir, l'aider à réussir (Odile Jacob).
Architecture cérébrale
Les surdoués - préférez l'expression «enfants à haut potentiel» - sont comme dotés d'office d'un ordinateur de dernière génération et du haut débit, là où les
autres disposent de connexions plus classiques et d'un matériel plus modeste. «Ils ont une architecture cérébrale différente, mais c'est surtout le fonctionnement qui est original, en raison de
l'hyperconnectivité des réseaux neuronaux, ajoute la psychologue. La pensée est plus créatrice, plus complexe, plus intriquée avec l'affectif, mais elle est aussi plus difficile à organiser, à
structurer», prévient Jeanne Siaud-Facchin.
Les parents ne s'en rendent pas toujours compte tout de suite et le diagnostic peut même tomber lorsqu'un enfant (surdoué méconnu) est en échec scolaire, ce qui
arrive tout de même à un surdoué sur trois. «Le cliché auquel on se heurte le plus souvent, tant dans l'Éducation nationale que du côté des professionnels de santé, c'est de penser qu'un enfant à
haut potentiel est forcément en réussite scolaire», insiste le Dr Sylvie Tordjman, pédopsychiatre (Centre national d'aide aux enfants et adolescents à haut potentiel, Rennes). L'auteur
d'Aider les enfants à haut potentiel en difficulté (PU Rennes) interviendra d'ailleurs lors du symposium international que l'Association nationale pour les enfants intellectuellement
précoces (Anpeip) organise les 10 et 11 novembre prochain (renseignements sur anpeip.org), afin de
balayer quelques idées reçues à la lumière des travaux de recherche les plus récents. Oui, des enfants surdoués peuvent être en difficulté scolaire. Non, tous les enfants en difficulté ne sont
pas des surdoués.
Une empathie envahissante
L'enjeu, pour mieux aider et guider les enfants dans leurs potentialités, est de comprendre leur façon particulière de fonctionner. «Par exemple, ces enfants
comprennent vite et vont donc avoir rapidement un avis, une pertinence de raisonnement, un sens critique très développé… Mais cela peut gêner, voire agacer l'entourage», explique le Pr Laurence
Vaivre-Douret, neuropsychologue clinicienne (Université Paris Descartes) et elle aussi intervenante du symposium Anpeip.
Attention à ne pas les conforter dans leur position de surdoué, pour éviter qu'ils ne se croient reconnus que selon ce critère. «Leur haut potentiel ne doit pas
devenir un handicap contribuant à les marginaliser», met en garde le Dr Tordjman. «La singularité de leur fonctionnement intellectuel et cognitif permet de comprendre pourquoi ils peuvent
rencontrer des difficultés, notamment à l'école», renchérit Jeanne Siaud-Facchin.
Car, à côté de leurs aptitudes intellectuelles supérieures à la moyenne, il est une autre particularité de ces enfants souvent ignorée : leur hypersensibilité et
leur réactivité émotionnelle. «Ceci était bien connu des spécialistes, mais c'est désormais validé par les neurosciences», s'enthousiasme Laurence Vaivre-Douret. «Ce sont des enfants chez qui une
broutille peut déclencher un cataclysme émotionnel. Ils captent la moindre variation du monde qui les entoure et ont une empathie qui peut même être envahissante», souligne Jeanne Siaud-Facchin.
D'autant qu'ils sont aussi très sensibles à l'injustice, d'une curiosité insatiable, aiment faire plusieurs choses à la fois, ont une mémoire exceptionnelle, débordent d'énergie et, souvent,
n'ont pas besoin de beaucoup de sommeil. De quoi agacer, en effet. «Ces enfants questionnent toutes les règles», remarque aussi le Dr Tordjman. Autant par soif de comprendre que pour le plaisir
intellectuel de l'échange.
Déjà visible chez les bébés
Mais le fait d'avoir des connexions plus rapides et plus diversifiées a aussi un revers : «Avoir un moteur de Ferrari et devoir rouler en ville à la vitesse des
autres peut parfois être frustrant», conclut le Pr Vaivre-Douret.
Un QI, des intelligences
La moyenne statistique de l'intelligence mesurée par le quotient intellectuel (QI) est de 100. Un surdoué possède par définition un QI d'au moins 130. On estime que
c'est le cas de 2,2 % de la population, mais les spécialistes préfèrent désormais parler d'un indice qui oriente le diagnostic. La détermination du QI est donc une étape incontournable mais
insuffisante. Même si les échelles permettant de déterminer le QI des enfants évoluent régulièrement et explorent désormais différentes composantes de l'intelligence. Certains modèles détaillent
jusqu'à sept types d'intelligence (langagière, logico-mathématique, spatiale, musicale, somato-kinesthésique, inter-individuelle, introspective) et chaque enfant présente à la fois des zones de
compétence et des zones de fragilité. Impossible de réduire l'enfant à un chiffre. Même celui du QI.
Cette génération qui terrorise les DRH.
Génération Y : mythe ou réalité ?

La génération Y existe-t-elle vraiment ? Est-elle présente et prépondérante dans l’univers professionnel d’aujourd’hui ? Compte rendu de détails…
Mais c’est quoi au juste la génération Y ? Il s’agit d ’un terme sociologique utilisé essentiellement dans le monde de l’entreprise, et en particulier par les
DRH, pour désigner les personnes nées entre 1980 et 1999 (elle succède à la génération X : 1960 à 1979). La génération Y qui se prononce « Why » en anglais (en référence aux nombreuses
questions qu’elle pose) serait le nouveau cauchemar des entreprises.
Car cette catégorie de jeunes salariés n’hésite pas à bousculer l’ordre établi et les codes vieillissants du monde du travail dans les pays occidentaux. Âgés de
18 à 30 ans, ces jeunes mutants ne lâchent rien… Individualistes, peu attachés à l’entreprise, ils viennent au travail en jean-baskets (ils n’ont pas de costume de toute façon), imposent de
nouveaux horaires, surfent toute la journée sur les réseaux sociaux le casque vissé sur la tête tout en… travaillant.
Bref, c’est un peu la révolution au bureau, mais est-ce si étonnant ?
La grande fracture numérique
Contrairement à la génération X dont même les représentants les plus rebelles finissaient, bon gré mal gré, par rentrer dans le moule, la génération Y ne se
laisse pas faire… Et pour cause, ils baignent dans la crise économique depuis leur adolescence et ne croient plus au système actuel. Pour ces férus de high-tech qui connaissent et maîtrisent
Internet mieux que personne, il n’y a que le résultat qui compte. Un point de vue que partagent évidemment de nombreuses entreprises qui commencent à se remettre en question.
Car au-delà des clichés, la plupart des jeunes cadres d’aujourd’hui sont force de proposition et peuvent se montrer particulièrement efficaces et réactifs. Très
autonomes, ils ont appris avec Internet (on y revient), à s’informer, apprendre, et communiquer pour mener à bien leurs missions. Certains prétendent que la génération Y est un mythe, qu’elle
n’existe que dans la tête des DRH.
C’est peut-être qu’elle a déjà réussi à faire tomber de nombreuses barrières au point de décomplexer la génération X qui commence à adopter les mêmes codes et
les mêmes valeurs… jusqu’au plus haut niveau des sociétés.
Génération Boss Y
Bien qu’issus de la génération X, les patrons d’entreprises françaises et américaines tels que Xavier Niel (Free), Jacques-Antoine Granjon (Vente Privées),
Larry Page et Sergey Brin (Google), ou encore le regretté Steve Jobs (Apple) ne sont-ils pas les plus fidèles représentants de la génération Y ? Il ont troqué depuis longtemps le
costard-cravate pour le jean-baskets, fait tomber à peu près toutes les règles ancestrales du travail, privilégié la créativité et l’autonomie de leurs employés et pour quels résultats
!
Gageons que de plus en plus d’entreprises et de managers suivent leur exemple et parviennent, comme eux, à profiter du formidable potentiel des jeunes
salariés
Vers un observatoire national d'entrée dans la vie active ?
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Focus Palmarès
d’universités, classements, réalisés par la presse, les institutions ou les établissements eux-mêmes. Chacun sa mesure, chacun ses résultats avantageux. C’est à s’y perdre et n’y rien
comprendre. Le Céreq en appelle donc à la création d’un observatoire national d’entrée dans la vie active.
Il y a les palmarès très réputés, comme ceux du Financial Times, attendus chaque année comme le
messie. Il y a aussi le classement de Shanghai, pris comme parole d’évangile. Ou encore les chiffres d’insertion annoncés chaque année par les écoles d’ingénieurs ou de commerce. Pour en rajouter, les
universités sont entrées de manière systématique dans la danse. Depuis la loi LRU, l’insertion professionnelle est inscrite dans leurs missions et l’Etat les oblige à fournir des
chiffres.
Des chiffres, il n’y a pas plus fiables et concrets, pour d’une part aider le futur étudiant à choisir son
établissement et sa filière, et d’autre part, pour mesurer la performance des différents acteurs. Enfin, en théorie, car, en réalité, il n’y a pas plus trompeur qu’un chiffre, surtout quand
il s’inscrit dans une guerre à l’image que se livre les établissements du supérieur pour attirer les étudiants et des fonds. Chacun s’arrange avec les indicateurs pour obtenir de bons
résultats, comme le souligne le Bref du Céreq, « Harmoniser les mesures de l’insertion des diplômés du supérieur ».
Des chiffres pas comparables
A l’université, l’insertion professionnelle de ses diplômés est mesurée, dans les rapports annuels de
performance associés aux lois de finance, par la proportion de diplômés en emploi à un niveau cadre ou profession intermédiaire 3 ans après leur sortie du système éducatif. Sont
donc exclus les emplois considérés comme inadéquats pour un titulaire d’une licence ou plus. De son côté, le ministère de l’Industrie qui évalue l’insertion sur le marché du travail des
ingénieurs, ne s’embarrasse pas avec ce critère. Il tient compte de tous les emplois. Les populations étudiées varient également. Certains établissement se penchent sur le devenir de tous
les diplômés qu’ils poursuivent ou pas leurs études, et qu’ils soient d’origine étrangère ou pas, d’autres non. Il y a le temps également qui joue. Les écoles d’ingénieurs et d’écoles de
commerce interrogent leurs jeunes diplômés dans les mois qui suivent leurs premiers pas dans la vie active, alors que les universités se donnent en général un délai de 3 ans. Résultat : les
chiffres amenés à être comparés ne sont en réalité pas comparable.
Un observatoire national d’entrée dans la vie active
C’est pour cette raison que le Céreq en appelle à créer une institution neutre, chargée de collecter les
données et d’offrir un vrai panorama des performances des établissements. Il propose la création d’un observatoire national de l’entrée dans la vie active. Mais pas n’importe comment, un
certain nombre de règle de bons sens sont à respecter pour une bonne évaluation. Règle n°1 : une approche multidimensionnelle. « Un seul indicateur, comme le taux d’emploi ou le niveau de
salaire, ne suffit pas à rendre compte de l’ensemble des composantes de l’insertion professionnelle », pointe la note. Un jeune diplômé peut être en poste, mais en CDD, à mi-temps, pour un
bas salaire. « Par exemple, les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur passent plus souvent que les diplômés des écoles de commerce ou d’ingénieurs par des emplois d’attente », ajoute
le Céreq. Ainsi il faut pouvoir mesurer la vitesse d’accès à l’emploi, le risque de connaître des difficultés d’insertion durables, les types d’emploi possibles, la rémunération et aussi
les conditions d’emplois.
Autre fait important : les indicateurs doivent pouvoir être compris. Le taux de chômage est souvent
confondu avec la proportion de jeunes au chômage. « Or il ne se rapporte pas à l’ensemble des jeunes considérés mais aux seuls actifs » rectifie l’étude. Il faut donc privilégier le taux
d’emploi qui est plus aisément interprété.
Ensuite, pour juger la performance d’un établissement, l’insertion professionnelle ne suffit pas. Il faut
pouvoir évaluer « sa capacité à mener un maximum de ses étudiants au diplôme, surtout quand ceux-ci ont des origines sociales modestes ou des parcours scolaires chaotiques » souligne
l’étude . Une bonne évaluation est à ce prix.
Lucile Chevalier